• Guidère - Le choc des révolutions arabes

     

    Mathieu Guidère est professeur d’islamologie à l’Université de Toulouse II, agrégé d’arabe, ancien directeur de recherche à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et ancien professeur de veille stratégique à l’Université de Genève.

    Dans son ouvrage, l’auteur décrypte les événements du « Printemps arabe » et le « bouleversement » qu’ils ont provoqué, en particulier sur les pays occidentaux : « Après avoir salué la « libération » du monde arabe et la « transition démocratique », les médias occidentaux se ravisent et hésitent quant à la qualification des événements : révolte, révolution, soulèvement, rébellion, insurrection ? Le flottement dans le vocabulaire est à la mesure du doute qui s’empare des acteurs et des observateurs. Face à la diversité des situations et à la confusion des saisons, il faut désormais prendre du recul pour comprendre la complexité d’un monde en pleine mutation ». Afin de comprendre cette nouvelle situation, l’auteur donne des « clés » d’analyse sur les Etats qui composent la Ligue arabe, et dont certains ont été confrontés aux révoltes.

    Le chapitre intitulé « Rétrospective » livre une analyse des événements qui se sont déroulés dans le monde arabe ces derniers mois, et de la perception que l’Occident en a eu. En effet, « l’année 2011 sera à jamais l’année des révolutions arabes, mais elle sera aussi l’année de nos questionnements face au mouvement de l’Histoire. Nous avons bien conscience que nous vivons des moments uniques et historiques, mais nous éprouvons des sentiments contradictoires qui brouillent notre perception de l’instant présent par des images du passé, nous empêchant par-là même de nous projeter sereinement dans le futur d’un monde voisin qui est aussi le nôtre ». L’auteur analyse ainsi ces questionnements dans huit parties intitulées : « Le choc », « L’incompréhension », « Le malentendu », « La ‘’révolution 2.0’’ », « La perception », « L’intelligence », « L’allégeance », « Les forces ».

    Dans le deuxième chapitre, « Les clés pour comprendre le monde arabe », l’auteur se penche sur les 22 Etats composant la Ligue arabe, tant sur le plan historique que contemporain. Le but étant de donner « une clé de compréhension du pays en question pour mieux saisir les enjeux et les rapports de force ». Ainsi, et par exemple, l’Algérie est associée à la clé « militaire », l’Arabie saoudite à la clé « wahhabite », le Liban à la clé « chiite », la Syrie à celle des « minorités ». Après un rappel historique, Mathieu Guidère donne les caractéristiques politiques et sociales de ces 22 Etats, et dresse le bilan de la situation actuelle, dans le contexte des révolutions arabes, ainsi que les configurations qu’il serait souhaitable de mettre en œuvre dans les années à venir.

    Dans le chapitre intitulé « Prospective », Mathieu Guidère s’intéresse à l’avenir du monde arabe : « Il s’agit en fait d’esquisser les futurs possibles à partir d’un examen approfondi des situations et des données disponibles sur les forces en présence, de poser des hypothèses sur l’évolution de ces rapports de forces et d’envisager les scénarios les plus probables, en faisant appel tout à la fois à la raison et à l’intuition, à l’histoire et à la prospective ». Dans cette perspective, il analyse ainsi le concept de Thawra (Révolution), de même que la place de l’islamisme dans ces mouvements : « Il semble évident que la mouvance islamiste, toutes tendances confondues, sera présente sur le long terme et aura un rôle à jouer sur la scène politique (…). Une prise de pouvoir par les islamistes « à la talibane » paraît difficilement envisageable aujourd’hui, tant du point de vue intérieur qu’extérieur. Pour des raisons historiques et pragmatiques, le monde arabe s’oriente plutôt vers une organisation du pouvoir ‘’à la turque’’ ». Le modèle turc est ainsi décrit, puis le rôle de l’Europe dans la situation de transition actuelle, à la suite des révolutions. A cet égard, l’auteur estime que l’Occident a un « devoir moral » face aux révolutions et aux peuples qui les ont faites, en particulier face à la jeunesse. L’Occident doit « accompagner la libération de cette jeunesse en veillant à ne pas laisser l’euphorie révolutionnaire se transformer, sous l’effet de la crise économique locale ou internationale, en un cauchemar social ou politique. (…) Si, en plus, les investisseurs occidentaux se retirent progressivement des pays « révolutionnés », en attendant d’y voir plus clair, il est à craindre que la transition démocratique ne se fasse jamais et qu’un « national-islamisme » ne prenne durablement le pouvoir dans les pays arabes ».

    Mathieu Guidère, Le choc des révolutions arabes, Paris, Autrement, avril 2011, 210 pages.

      

      

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